Antonin Artaud

Né à Marseille le 4 septembre 1896 et mort à Ivry-sur-Seine le 4 mars 1948, théoricien du Théâtre, acteur, écrivain, essayiste, dessinateur et poète et français.


Suppôts et Supplications de Antonin Artaud

"Que je soit antisocial est un fait, mais est-ce la faute de la société ou la mienne? "

"Vous êtes une fleur unique que le monde ne veut pas laisser vivre"

"Un homme se possède par éclaircies, et même quand il se possède, il ne s’atteint pas tout à fait. "

EXTRAITS

L'Ombilic des Limbes de Antonin Artaud

"Car on ne peut accepter la Vie qu’à condition d’être grand, de se sentir à l’origine des phénomènes, tout au moins d’un certain nombre d’entre eux. Sans puissance d’expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante au monde : le contact avec les puissances de l’esprit. "

"Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité. "

"Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-même, Messieurs, il se dérobe comme les serpents, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens."

"Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte. "


Pour en finir avec le jugement de Dieu, suivi de " Le Théâtre de la Cruauté" de Antonin Artaud

"Dieu est-il un être ?
S’il en est un c’est de la merde.
S’il n’en est pas un
il n’est pas.
Or il n’est pas,
mais comme le vide qui avance avec toutes ses formes dont la représentation la plus parfaite
est la marche d’un groupe incalculable de morpions."


L'Ombilic des Limbes de Antonin Artaud

Poète noir

"Poète noir, un sein de pucelle
te hante,
poète aigri, la vie bout
et la ville brûle
et le ciel se résorbe en pluie
ta plume gratte au coeur de la vie.

Forêt, forêt, des yeux fourmillent
sur les pignons multipliés
cheveux d'orages, les poètes
enfourchent des chevaux, des chiens.

Les yeux ragent, les langues tonnent
le ciel afflue dans les maisons
comme un lait nourrissier et bleu,
je suis suspendu à vos branches
femmes, coeur de vinaigre dur."

Van Gogh, le suicidé de la société de Antonin Artaud

"La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j'ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions."

"Sur le plan social, les institutions se désagrègent et la médecine fait figure de cadavre inutilisable et éventé, qui déclare Van Gogh fou. En face de la lucidité de Van Gogh qui travaille, la psychiatrie n'est plus qu'un réduit de gorilles eux-mêmes obsédés et persécutés et qui n'ont, pour pallier les plus épouvantables états de l'angoisse et de la suffocation humaines, qu'une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tarés. Pas un psychiatre, en effet, qui ne soit un érotomane notoire. "

"Un jour l'âme n'existait pas, l'esprit non plus, quant à la conscience, nul n'y avait jamais pensé, mais où était, d'ailleurs, la pensée dans un monde uniquement fait d'éléments en pleine guerre sitôt détruits que recomposés, car la pensée est un luxe de paix. "


Le théâtre et son double (Le Théâtre balinais)

"Chacun de leurs mouvements trace une ligne dans l'espace, achève on ne sait quelle figure rigoureuse, à l'hermétisme très calculé et dans celle-ci un geste imprévu de la main met un point.
Et ces robes aux courbes plus hautes que la fesse et qui les tiennent comme suspendus en l'air, comme piqués sur les fonds du théâtre, et prolongent chacun de leurs sauts comme un vol.
Ces cris d'entrailles, ces yeux roulants, cette abstraction continue, ces bruits de branches, ces bruits de coupes et de roulements de bois, tout cela dans l'espace immense des sons répandus et que plusieurs sources dégorgent, tout cela concourt à faire se lever dans notre esprit, à cristalliser comme une conception nouvelle, et, j'oserai dire, concrète, de l'abstrait."

Les mains d'A. ArtaudOeuvres complète, tome XXVI : Histoire vécue d'Artaud-Mômo. Tête à tête de Antonin Artaud

"J’ai eu pendant des années d’effroyables migraines que je ne savais pas à quoi attribuer. Je sais maintenant que c’étaient des êtres occupés à me déguster. Car la digestion occulte de l’homme est un des principaux moyens d’action, une des plus pertinentes science dont se repaît l’humanité. "

"L’imbécilisation, l’infantilisation retardée ou au contraire le gâtisme précoce sont parmi les plus efficaces moyens d’action dont se servent tous les adeptes de la parturition à distance pour imposer à un homme leurs volontés. Et leurs volontés sont de me voir abdiquer moi-même et céder dans mon propre corps ma place à Monsieur tout le monde. "


Écrits

Oeuvres complètes, vingt-six tomes publiés (en 28 volumes) aux Éditions Gallimard, coll. Blanche, 1956-1994
Tric Trac du Ciel, illustré de gravures sur bois par Élie Lascaux, Paris, Simon, 1923
L'Ombilic des limbes, Gallimard, NRF, Paris, 1925
Correspondance avec Jacques Rivière, N.R.F., Paris, 1927
L'Ombilic des limbes + Le Pèse-Nerfs et textes surréalistes Coll. Poésie, Gallimard, 1968
Le Pèse-nerfs, Leibovitz, Paris, 1925
La Coquille et le Clergyman, scénario
L'Art et la Mort, Denoël, Paris, 1929
Le Théâtre de la cruauté (manifeste), N.R.F., Paris 1932
Héliogabale ou l'Anarchiste couronné, Denoël & Steele, Paris, 1934
Héliogabale ou l'Anarchiste couronné, Coll. L'Imaginaire/Gallimard, 1978 (présentation J-M. G. Le Clézio).
Les Nouvelles Révélations de l'être, Denoël, Paris, 1937
Le Théâtre et son double, Gallimard, rééd. Folio/essais 1985
Révolte Contre La Poésie, Éditions du Pirate, Paris, MXXVIM Rodez, 1943
D'un voyage au pays des Tarahumaras, Éditions de la revue Fontaine, Paris, 1945
Les Tarahumaras, coll. Idées, Gallimard, 1974 ; rééd. Folio/Essais, 1987
L'Arve et l'Aume, accompagné de 24 lettres inédites à Marc Barbezat, L'Arbalète, 1989
Lettres de Rodez : Lettres à Henri Parisot, G.L.M., 1946
supplément aux Lettres de Rodez, suivi de Coleridge le traite, G.L.M., 1949
Artaud le Mômo, Bordas, Paris, 1947
Ci-gît, précédé de la Culture indienne, K éditeur, Paris, 1947
Pour en finir avec le jugement de Dieu, K éditeur, Paris, 1948
Les Cenci, in Œuvres complètes, Gallimard, 1964
Lettres à Jean-Louis Barrault, Documents de la revue théâtrale, Bordas Éditeur, 1952
Messages révolutionnaires (textes mexicains), Coll. Idées, Gallimard, 1979
Van Gogh, le suicidé de la société, Gallimard, l'Imaginaire, Paris, 2001
Je crache sur le Christ inné - être Christ n'est pas être Jésus-Christ Abstème & Bobance Éditeurs, 2001
50 Dessins pour assassiner la magie, Gallimard, Paris, 2004
Suppôts et suppliciations, présentation d'Evelyne Grossman, Coll. Poésie/Gallimard, 2006
Cahier d'Ivry, janvier 1948, fac-similé, Gallimard, Paris, 2006
Nouveaux Écrits de Rodez, Lettres au dr Ferdière et autres textes inédits, rééd. L'Imaginaire/Gallimard, 2006
Histoire vécue d'Artaud-Mômo,Fata Morgana, 2009 - Texte des trois cahiers apportés par
Cahiers d'Ivry - février 1947-mars 1948 - Édition Evelyne Grossman, Gallimard, Paris, 2011 - tome I (cahiers 233 à 309) tome II (cahiers 310 à 406)

Documents sonores

Van Gogh, le suicidé de la société, émission radiophonique, INA, André Dimanche Éditeur, 1995.
Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras
Pour en finir avec le jugement de Dieu, Sub Rosa, 1995 / INA et André Dimanche Éditeur, 1995
Pour en finir avec le jugement de Dieu, intégralité de l'émission et remix par Marc Chalosse: http://www.youtube.com/watch?v=HBJ8nj76X1w

Artaud Remix, préface de Marc Dachy, France Culture, collection Signature, 2001

Filmographie comme Acteur

1923 : Faits divers de Claude Autant-Lara (court métrage)
1923 : L'Enfant roi de Jean Kemm
1924 : Surcouf de Luitz-Morat : Jacques Morel
1926 : Le Juif errant de Luitz-Morat : Jacques Dupuis, dit Gringalet
1926 : Graziella de Marcel Vandal (tourné en Italie)
1926 : Mathusalem ou l'éternel bourgeois de Jean Painlevé (cinq courtes séquences réalisées pour une pièce de théâtre d'Ivan Goll)
1927 : Napoléon d'Abel Gance : Marat ; (en 1935, sortie d'une nouvelle version modifiée et sonorisée)
1928 : La Coquille et le Clergyman (moyen métrage) de Germaine Dulac
1928 : La Passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer : le moine Jean Massieu
1928 : Verdun, visions d'histoire de Léon Poirier : l'intellectuel ; (en 1931, sortie d'une nouvelle version modifiée et sonorisée)
1928 : L'Argent de Marcel L'Herbier : Mazaud, le secrétaire
1928 : Autour de l'argent de Jean Dréville (documentaire)
1930 : La Femme d'une nuit de Marcel L’Herbier (tourné à Berlin) : Jaroslav le traître
1930 : Tarakanova de Raymond Bernard : le jeune tzigane
1931 : L'Opéra de quat'sous de Georg Wilhelm Pabst (version française, tournée à Berlin) : un apprenti mendiant
1931 : Faubourg Montmartre de Raymond Bernard : Follestat, un meneur de révolte
1932 : Mater Dolorosa d'Abel Gance
1932 : Les Croix de bois de Raymond Bernard : le soldat Vieublé
1932 : Coup de feu à l'aube de Serge de Poligny : le trembleur, chef de gang
1933 : L'Enfant de ma sœur de Henry Wulschleger : Loche
1934 : Sidonie Panache de Henry Wulschleger
1934 : Liliom de Fritz Lang : le rémouleur ange-gardien
1935 : Lucrèce Borgia d'Abel Gance : Savonarole
1935 : Kœnigsmark de Maurice Tourneur : Cyrus Back.

 

 

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